Tract anarchiste non signé, distribué entre 1880 et 1910

La C.N.T. d’Espagne et la participation électorale

HISTOIRE : In Noir & Rouge n°9 (hiver 1957/1958)

Sur ce vaste problème : les positions libertaires face au parlementarisme et à l’électoralisme, nous ne pourrions pas ne pas mentionner la question d’Espagne, sensible à tous les anarchistes. C’est un de nos camarades Espagnols qui nous remet en mémoire quelques faits déjà anciens mais dont les conséquences nous semblent encore aujourd’hui des plus lourdes.
C’est un fait bien connu que la C.N.T. d’Espagne a toujours été, de par ses principes, ses décisions et sa ligne historique, apolitique, antiparlementariste et par conséquent abstentionniste dans la foire électorale.


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Errico Malatesta : Anarchistes électoralistes

HISTOIRE : Errico Malatesta in « Pensiero e Volontà », n°10, 15 mai 1924

Puisqu’il n’y a pas, et qu’il ne peux y avoir aucune autorité qui donne et enlève le droit de se dire anarchiste, nous sommes bien obligés de temps en temps de relever l’apparition de quelque converti au parlementarisme, qui continue au moins pour un certain temps à se déclarer anarchiste.


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Groupe de propagande par la brochure : POUR NE PAS VOTER

HISTOIRE : La Brochure mensuelle, avril 1924

Cinq années de guerre ont-elles apporté un seul argument contre ceux, déjà anciens, dont nous nous servions, nous antiparlementaires, pour démolir le parlementarisme. Aucun, au contraire. Tout n'avait pas été dit sur ce cadavre, qu'il nous faut tuer encore.


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Sébastien Faure : PROPOS SUBVERSIFS

HISTOIRE : III. LA POURRITURE PARLEMENTAIRE - 1920

L’Etat se pose en administrateur de la Chose publique, en défenseur de la Loi, en protecteur de l’Ordre ; il n’est, en réalité, que le Gendarme préposé à la sauvegarde des Privilèges Capitalistes.- La Souveraineté du Peuple est une duperie. - Le régime parlementaire est absurde ; Il est impuissant ; Il est corrupteur ; Il est nuisible aux véritables intérêts de la classe ouvrière. - Les Anarchistes dénoncent la malfaisance du Parlementarisme. - Leur abstentionnisme agissant. - Sa valeur révolutionnaire.


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Sébastien Faure : LA DOULEUR UNIVERSELLE

HISTOIRE : Bureau Anti-Parlementaire 1919. Groupe de propagande par la brochure

Chaque fois que les pouvoirs de la Chambre des Députés arrivent à expiration, c'est un cri unanime : « Enfin ! Elle va donc disparaître, cette Chambre infâme ! Le pays va donc être débarrassé de ce Parlement maudit ! »

Ce langage traduit expressément les sentiments successifs : déception, lassitude, écœurement qu'ont fait naître, dans l'esprit public, au cours de la législature qui prend fin, l'incapacité, la corruption, l'incohérence et la lâcheté des Parlementaires.


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Albert Libertad : Le bétail électoral

HISTOIRE : Albert Libertad dans L’anarchie, 19 avril 1906.

Le bétail électoral commente la force de la houlette d’Untel, le coup de fouet de Tel autre, le doigté crapuleux de Chose et le coup de gueule tonitruant de Machin. Le bétail pèse aussi la valeur des promesses faites ; non pas qu’il ignore que jamais elles ne sont tenues, mais pour se donner un peu d’illusion.


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Zo D’Axa : Vous n’êtes que des poires

HISTOIRE : Zo D’Axa - La Feuille, Anthologie 1897-1899 (Les Feuilles, parue en 1900)

On vous trompe, bons électeurs, on vous berne, on vous flagorne quand on vous dit que vous êtes beaux, que vous êtes la justice, le droit, la souveraineté nationale, le peuple-roi, des hommes libres.
On cueille vos votes et c’est tout. Vous n’êtes que des fruits… des Poires.


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Jean Grave : L’abstention électorale

HISTOIRE : Jean Grave dans La société mourante et l’anarchie - 1893

Ayant reconnu que le bulletin de vote était non seulement incapable d’affranchir les exploité, mais était aussi, surtout un instrument de domination et de tromperie à l’égard des travailleurs, les anarchistes combattent le suffrage universel non seulement comme inutile, mais comme très dangereux – pour ceux qui s’en servent.


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Jean Grave : Critique du suffrage universel

HISTOIRE : Jean Grave dans La société mourante et l’anarchie - 1893

Qu'est-ce que le suffrage universel, sinon le droit, pour les gouvernés, de choisir leur maître ; le droit de choisir les verges qui doivent les fouetter ? L'électeur est souverain... pour choisir son maître, mais il n'a pas le droit de ne pas en vouloir, car celui que ses voisins auront choisi sera le sien. Du moment où il a déposé son bulletin dans l'urne, il a signé son abdication, il n'aura plus qu'à se plier aux caprices des maîtres de son choix, ils feront les lois, les lui appliqueront et le jetteront en prison s'il regimbe.


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Octave Mirbeau : Prélude.

HISTOIRE : Octave Mirbeau - 14 juillet 1889

Et je songe, avec une joie sadique et une très nationale fierté, que, dans quelques jours, sera ouverte la période électorale. On peut même affirmer qu'elle l'est déjà, qu'elle l'a toujours été, et qu'étant donnés nos mœurs parlementaires et nos goûts politiques, qui sont de nous mépriser les uns les autres, cela ne changera rien à nos habitudes et à nos plaisirs. Mais ce qu'il est impossible de prévoir, c'est sa fin, et si jamais elle aura une fin. Dieu veuille que non ! Par quelle suprême farce, par quelle ultime mystification se dénouera — si elle se dénoue un jour — cette période admirable et féconde, qui débute officiellement par l'annonce discrète et consolante de la candidature de M. Mermeix dans le quartier de Montmartre ? Voilà ce que nul ne saurait prophétiser ouvertement. Avec un pareil point de départ, l'induction philosophique elle-même, le somnambulisme et le spiritisme perdent de leur efficacité divinatoire et demeurent impuissants à conclure quoi que ce soit.


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Octave Mirbeau : La Grève des électeurs.

HISTOIRE : Octave Mirbeau, Le Figaro, novembre 1888

Une chose m'étonne prodigieusement — j'oserai dire qu'elle me stupéfie — c'est qu'à l'heure scientifique où j'écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu'un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n'est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?


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Élisée Reclus : Lettre adressée à Jean Grave

HISTOIRE : Élisée Reclus dans Le Révolté - 11 octobre 1885

Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage. Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.


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Proudhon : DU PRINCIPE FEDERATIF

HISTOIRE : IDEALISME POLITIQUE : EFFICACITE DE LA GARANTIE FEDERALE - 1863

Le peuple, dans le vague de sa pensée, se contemple comme une gigantesque et mystérieuse existence, et tout dans son langage semble fait pour l'entretenir dans l'opinion de son indivisible unité. Il s'appelle le Peuple, la Nation, c'est-à-dire la Multitude, la Masse ; il est le vrai Souverain, le Législateur, la Puissance, la Domination, la Patrie, l'Etat ; il a ses Convocations, ses Scrutins, ses Assises, ses Manifes­tations, ses Prononcements, ses Plébiscites, sa Législation directe, parfois ses Jugements et ses Exécutions, ses Oracles, sa Voix, pareille au tonnerre, la grande voix de Dieu. Autant il se sent innombrable, irrésistible, immense, autant il a horreur des divisions, des scissions, des minorités. Son idéal, son rêve le plus délectable, est unité, identité, uniformité, concentration ; il maudit, comme attentatoire à sa Majesté, tout ce qui peut partager sa volonté, couper sa masse, créer en lui diversité, pluralité, divergence.


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Proudhon : DE LA JUSTICE DANS LA REVOLUTION ET DANS L’EGLISE

HISTOIRE : 1858

Le peuple, idéaliste, aime les honneurs ; il tient peu aux réalités. Il lui plaît de porter son bulletin dans l’urne, de faire acte, ce lui semble-t-il, de souverain. Cet orgueil innocent lui est venu du Contrat social et de 93. Bien entendu, d’ailleurs, qu’en nommant ses députés, son président, son empereur, il ne choisira pas parmi ses pareils ; il s’adressera aux sommités de la propriété, de l’industrie, du commerce, de la finance, de l’armée, du clergé même.


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Pierre-Joseph Proudhon : Le suffrage universel

HISTOIRE : extrait de Idée générale de la révolution - 1851

La solution est trouvée, s'écrient les intrépides. Que tous les citoyens prennent part au vote : il n'y aura puissance qui leur résiste, ni séduction qui les corrompe.
C'est ce que pensèrent, le lendemain de Février, les fondateurs de la République.
Quelques-uns ajoutent : Que le mandat soit impératif, le représentant perpétuellement révocable ; et l'intégrité de la loi sera garantie, la fidélité du législateur assurée.
Nous entrons dans le gâchis.


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